Murmurations

 

Le phénomène des Murmurations désigne les regroupements d’oiseaux en vol, dont les mouvements aléatoires, immédiats à l’échelle de l’individu, se propagent à l’échelle du groupe. 

En deux volets, Murmurations rassemble ces nouvelles énergies qui cristallisent et redéfinissent le paysage artistique actuel de la ville de Marseille, en proposant à des structures indépendantes créées et dirigées par des artistes, commissaires et historien·nes de l’art de s’approprier le décor institutionnel de la Friche la Belle de Mai.

The Murmurations phenomenon refers to gatherings of birds in flight, whose random movements, instinctive on an individual level, spread on a group scale.

In two sessions, Murmurations brings together these new energies that crystallize and redefine the current artistic landscape of the city of Marseille, by proposing to independent structures created and directed by artists, curators and art historians to appropriate the institutional setting of la Friche la Belle de Mai.

Volet #2 
Carte blanche aux ateliers partagés de Marseille

04.09-16.10.22
Vernissage samedi 3 septembre à 18h

16b éditions, À Plomb’, Atelier Vé, Crocs, FAM (Fédération Artistique de Marseille), Fuite, Atelier Hyph, Mastic, Panthera, Plage Avant, Yassemeqk

présentent

Lou Merie, Angela Netchak, Delphine Dénéréaz, Opale Mirman, Cyber Utopianism, Bridget Low, Valentin Martre, Léna Gayaud, Marie Andrieu, Manon Dalmas, Paul Deberre, Kazuo Marsden, Anastasia SimoninMathieu Archambault De Beaune, Julien Carpentier, Quentin Dupuy, Matthew Gernt, Emma Pavoni, Léa Puissant, Delphine Mogarra, Charlotte Morabin, Javiera Tejerina, Pierre Pauselli, Valentin Vert, Victor Calvi, Louise Belin, Alexandre Espagnol, Bronte Scott, Marie Perraud, Esther Maine, Anicet Oser, Clément Veiluva, Gaspard Postal, Adrien Lagrange, Montaine Jean, Joshua Leterreux, Coline Riollet, Alexia Abed, Clara Buffey, Juliette Guerin, Elvire Ménétrier, Basile Ghosn, Nicolas Emmanuel Perez, Nadja Meier, Louise Nicollon des Abbayes, Elodie Chabert, Romain Kloeckner, Camille Foucou, Maxime Delavet, Clément Faydit, Aurelio Gonzalez, Rozenn Voyer …

→ En images

→ En discussionsconversations avec les project spaces

→ Les ateliers partagés

→ Dossier de presse

Fræme donne carte blanche à onze structures collectives fondées à Marseille, associant artistes, artisan·e·s et jeunes professionnel·le·s de l’art. Sans prétendre dresser un panorama exhaustif, une telle invitation impulse un processus de reconnaissance. Il était urgent de donner à voir l’actualité des champs ouverts par cet écosystème éclectique et les influences qu’il exerce sur la sphère artistique locale.

Le phénomène des collectifs marseillais témoigne d’une volonté de générer des lieux culturels hors des sentiers institutionnels. Qu’importe les modèles de gouvernances adoptés, le nombre de membres qui les composent, les collectifs revêtent des contours toujours mouvants et se fédèrent autour d’un enjeu crucial : la camaraderie. Dessiner des réseaux parallèles, inventer des espaces autogérés de socialisation et de création leur permet d’agir en marge, de revendiquer un contre-pouvoir.

Répondre à l’appel d’une institution, c’est franchir une étape paradoxale qui éclaire les dysfonctionnements auxquels les collectifs sont soumis. En 2022, doivent-iels encore accepter d’être rémunéré·e·s en visibilité ? Quid des impératifs organisationnels et économiques ? À l’échelle de l’individu et du groupe, quelles stratégies mener ? Boycotter ou profiter ? Face à ces problématiques communes, les opinions et les initiatives divergent. Si chaque entité se situe différemment, toutes ont choisi de réinventer les dynamiques d’une expérience de cocréations incertaines, défaillantes et mutantes.

Murmurations#2 propose une réflexion sur le concept de « faire ensemble » en explorant les contradictions et les limites inhérentes au désir d’agir à plusieurs. Certain·e·s déplacent puis déclinent les lieux de leur quotidien dans la sphère institutionnelle, tandis que d’autres la miment, la squattent et s’en jouent. Les interventions, qu’elles soient plastiques ou performées, configurent des zones de rencontre et de dialogue. De tous ces discours émane un besoin d’affirmer leurs singularités, leur complexité intrinsèque. L’exposition, sans être réduite au rôle de témoin passif, en sera la complice grâce à des incohérences et des altérations ludiques. Ensemble, les collectifs ébranlent le confort esthétique dans lequel un tel événement pourrait facilement se complaire.

Alexia Abed

Session #2
Carte blanche to the shared studios of Marseille

04.09-16.10.22
Opening Saturday September 3 at 6pm

16b éditions, À Plomb’, Atelier Vé, Crocs, FAM (Fédération Artistique de Marseille), Fuite, Atelier Hyph, Mastic, Panthera, Plage Avant, Yassemeqk

present

Lou Merie, Angela Netchak, Delphine Dénéréaz, Opale Mirman, Cyber Utopianism, Bridget Low, Valentin Martre, Léna Gayaud, Marie Andrieu, Manon Dalmas, Paul Deberre, Kazuo Marsden, Anastasia Simonin, Mathieu Archambault De Beaune, Julien Carpentier, Quentin Dupuy, Matthew Gernt, Emma Pavoni, Léa Puissant, Delphine Mogarra, Charlotte Morabin, Javiera Tejerina, Pierre Pauselli, Valentin Vert, Victor Calvi, Louise Belin, Alexandre Espagnol, Bronte Scott, Marie Perraud, Esther Maine, Anicet Oser, Clément Veiluva, Gaspard Postal, Adrien Lagrange, Montaine Jean, Joshua Leterreux, Coline Riollet, Alexia Abed, Clara Buffey, Juliette Guerin, Elvire Ménétrier, Basile Ghosn, Nicolas Emmanuel Perez, Nadja Meier, Louise Nicollon des Abbayes, Elodie Chabert, Romain Kloeckner, Camille Foucou, Maxime Delavet, Clément Faydit, Aurelio Gonzalez, Rozenn Voyer …

→ Images

→ The shared studios

→ Press release

Fræme gives carte blanche to eleven artists collectives founded in Marseille, bringing together artists, craftspeople as well as young art professionals. Without claiming to provide an exhaustive overview of the scene, such an invitation encourages a process of acknowledgement. It was urgent to make visible the possibilities that opened up thanks to this eclectic ecosystem and the influences it has on the local artistic scene.

 The phenomenon of Marseille’s artists collectives reflects the will to generate cultural venues outside of the institutional paths. Regardless of the adopted governance model or of the number of members composing them, the collectives’ shapes are ever-changing and they gather around a crucial idea: fellowship. Drawing parallel networks, inventing self-managed socialization and creation spaces allow them to act in the margins, and to claim their counter-power.

Responding to an institution’s call is a paradoxical step which highlights the dysfunctions artists collectives are subjected to. In 2022, must they still accept to be paid in visibility? What about their organizational and economical obligations? At the individual and group level, what strategy should be followed? To boycott or to take advantage? Faced with those common issues, opinions and initiatives diverge. While each entity has their own statement, they all chose to reinvent the dynamics of an experiment of uncertain, fragile and mutating co-creations.

Murmurations #2 offers a reflection on the concept of “making together” by exploring the contradictions and the inherent limits of the desire to act collectively.

Some are moving and decomposing their daily workspace in the institutional field, while others are miming, squatting or mocking it. The interventions, whether they are pieces or performances, set up spaces for encounter and discussion. From all those discourses arises a need to asset their singularity and their intrinsic complexity. The exhibition, without being reduced to the role of passive witness, will be its partner thanks to playful incoherences and distortions. Together, the artists collectives are shaking the aesthetic comfort in which such an event could easily become complacent.

Alexia Abed

 

 

 

 

 

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Volet #1
Carte blanche aux project spaces de Marseille

Friche la Belle de Mai, 3ème étage
24.06-14.08.22
Vernissage jeudi 23 juin de 17h à 23h

Agent Troublant, Belsunce Projects, Le Berceau, Cabane Georgina, Giselle’s Books, Gufo, Loë Zang, MUFF – Marseille Underground Film Festival, SISSI club, SOMA,  Southway Studio, TANK art space, Thomas Mailaender x Tuba, Voiture 14

présentent

Thibaut Ceasar, Basile Ghosn, Won Jin Choi, Simon Bergala, Marieta Chirulescu, Camille Santacreu, Noémie Pfeiffer, Mathias Depardon, Opale Mirman, Lisa Mouchet, Lou Jelenski, Romain Kloeckner, Matthias Steinkraus, Manuel Wetscher, Navild Acosta, Fannie Sosa, Inès Di Folco, Estel Fonseca, Hugo Mir-Valette, Ann Mysochka, Ben Saint-Maxent, Léa Puissant, Bella Hunt & DDC, Andrew Humke, Pierre Unal-Brunet, Julien Berthier, Emma Bruschi, Zoé Mohm, Romain Vicari, Arbol Ruiz, Chloé Arrouy, Eduard Barniol, Eefje Stenfert, Michele Bry, Etienne Diop / Tareet, Anton Halla, Cœur Fleur, Anastasia Simonin, & Kazuo Marsden, Clara Rojas, Tobi Keck, Moritz Haas, Editions Hotte, Tristan Bründler, Paul Descamps, Anthony Fornasari et Kilian Votion

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Session #1
Carte blanche to the project spaces of Marseille

Friche la Belle de Mai, 3ème étage
24.06-14.08.22

Opening Thursday June 23 from 5pm to 11pm

With Agent Troublant, Belsunce Projects, Le Berceau, Cabane Georgina, Giselle’s Books, Gufo, Loë Zang, MUFF – Marseille Underground Film Festival, SISSI club, SOMA,  Southway Studio, TANK art space, Thomas Mailaender x Tuba, Voiture 14

présentent 

Thibaut Ceasar, Basile Ghosn, Won Jin Choi, Simon Bergala, Marieta Chirulescu, Camille Santacreu, Noémie Pfeiffer, Mathias Depardon, Opale Mirman, Lisa Mouchet, Lou Jelenski, Romain Kloeckner, Matthias Steinkraus, Manuel Wetscher, Navild Acosta, Fannie Sosa, Inès Di Folco, Estel Fonseca, Hugo Mir-Valette, Ann Mysochka, Ben Saint-Maxent, Léa Puissant, Bella Hunt & DDC, Andrew Humke, Pierre Unal-Brunet, Julien Berthier, Emma Bruschi, Zoé Mohm, Romain Vicari, Arbol Ruiz, Chloé Arrouy, Eduard Barniol, Eefje Stenfert, Michele Bry, Etienne Diop / Tareet, Anton Halla, Cœur Fleur, Anastasia Simonin, & Kazuo Marsden, Clara Rojas, Tobi Keck, Moritz Haas, Editions Hotte, Tristan Bründler, Paul Descamps, Anthony Fornasari and Kilian Votion.

→ En images

→ En discussionsconversations avec les project spaces

→ Les project spaces

→ Dossier de presse

 Du 23 juin au 14 août, Fræme convie quatorze entités, désignées par le terme générique de project spaces, à investir le plateau qui accueillera, à la fin de l’été, une partie de la foire Art-o-rama. Souhaitant fédérer publics et acteur·rices de l’art contemporain marseillais, l’équipe de l’association a invité celles et ceux qui, selon elleux, façonnent la scène émergente locale. Commissaires d’expositions, espaces de résidences, espaces sans lieu ou avec, galeries, festivals, structures de production, bibliothèques spécialisées : leurs identités sont multiples et leurs modes opératoires tout aussi variés. Iels travaillent seul.e, en duo, en équipe, en collectif, avec d’autres ou entre elleux. 

Si, depuis la seconde partie des années 1990, la richesse de la vie culturelle a principalement reposé sur un maillage associatif micro-local et ultra dense, quoique largement endommagé en 2013 par l’année Capitale, la fin de la décennie semble être le théâtre d’une effervescence nouvelle. Face à des pouvoirs publics longtemps dédaigneux des arts visuels et à des institutions rarement à même de s’ouvrir à la diversité des propositions artistiques présentes sur le territoire, de nombreux espaces autogérés ont fleuri. Bénéficiant de peu de soutien financier de la part des pouvoirs publics, ce sont eux qui, pourtant, donnent à voir des formes artistiques singulières et, finalement, contribuent largement à renvoyer une image vibrante et attractive de Marseille. Émaillant les quartiers centraux de leur présence, plus ou moins visibles des habitant·es,  ils sont paradoxalement souvent peu connus de celles et ceux que l’on tente de regrouper sous le nom de “grand public”. Aujourd’hui, leur présence, à la Friche la Belle de Mai, semble attester de leur importance au sein de la vie culturelle marseillaise et de son renouvellement.

Invités à s’y produire, comment peuvent-ils s’approprier ce type d’espace pour donner à voir et à comprendre qui ils sont ? Doivent-ils adopter les codes des institutions de l’art contemporain – un stand, des œuvres sur ou entre 1, 2, 3 murs ? Ou les hacker pour proposer des dispositifs ouvrant des fenêtres sur des existences extérieures ? En déambulant entre les différents espaces qui leur sont alloués, lae visiteur.se découvrira la variété des réponses apportées : parfois une exposition, d’artistes marseillais·es ou pas, reprenant les modes de présentation des foires d’art contemporain, mais aussi un fond documentaire sur la gentrification, un dispositif de surveillance filmant des artistes en résidence, un index renvoyant à une bibliothèque du centre-ville, des projections de films, une boutique d’objets d’artistes ou des installations à activer lors d’événements. Cette constellation forme un ensemble fragmenté, aux propositions aussi contradictoires que complémentaires, à l’image de l’écosystème artistique marseillais.

Le format de l’exposition, parfois fédérateur, parfois homogénéisateur et normatif, amène de nombreuses questions – auxquelles nous pouvons toustes nous amuser à répondre et que je vous livre en guise de conclusion : Comment se fait la transition d’un lieu d’exposition, de vie et de travail, à un espace partagé qui ne leur appartient pas ? Qu’implique, pour certaines de ces entités, de délocaliser leur travail et leur force productive au sein d’une institution ? Une exposition comme celle-ci peut-elle refléter les enjeux de survie des espaces autogérés marseillais sans succomber à la romantisation de la galère et à l’esthétisation de la débrouille ? 

Flora Fettah

→ Images

→ The project spaces

→ The press release

 From June 23 to August 14, Fræme invites fourteen entities, referred to as project spaces, to take over the space that will host, at the end of the Summer, a part of Art-o-rama fair. Willing to federate the publics and actors of Marseille contemporary art scene, the organisation’s team invited those who, to them, are shaping the emerging local scene. Curators, residencies, spaces with or without a venue, galleries, festivals, production structures, specialized libraries : they carry multiple identities and their modus operandi are just as diverse. They work alone, in duo, in teams, as collectives, with others or between themselves. 

If, since the second part of the years 1990, the wealth of the cultural life mostly relied on a micro-local and ultra-thick association grid, however largely harmed in 2013 by the year Capitale, the end of the decade seems to be the arena of a new effervescence. Facing the distance kept by public authorities towards visual arts, and institutions rarely willing to open to the diversity of artistic propositions existing on the territory, many self-administrated spaces blossomed. Benefiting from few financial support from public authorities, they however are showing singular artistic forms and, are actually largely contributing to reflect a vibrant and attractive image of Marseille. Spangling the central neighborhoods with their presence, more or less visible to the inhabitants, they are often paradoxically little known by those who one could try to gather under the generic name of “general public”. Thus, their presence, today, at la Friche la Belle de Mai, seems to bear witness of their importance within Marseille cultural life and its renewal. 

Invited to perform there, how can they assimilate this type of space to show and make sense of who they are? Should they adopt the codes of contemporary art institutions – a stand, artworks on or between 1, 2, 3 walls? Or hacking them to propose devices that open windows on external existences? Walking through the different spaces allocated to them, the visitor will discover the various responses provided: sometimes an exhibition, by Marseilles artists or not, using the presentation modes of contemporary art fairs, but also documentary resources on gentrification, a surveillance device filming artists in residence, an index referring to a library in the city centre, screenings, a shop selling artists’ objects or installations to be activated during events. This constellation forms a fragmented whole, with proposals that are as contradictory as they are complementary, in the reflection of the artistic ecosystem of Marseille.

The exhibition format, sometimes unifying, sometimes homogenising and normative, leads to many questions – that we can all have fun answering and that I will leave you with as a conclusion: How is the transition made from an exhibition space, a living and working space, to a shared space that does not belong to them? What does it mean for some of these entities to relocate their work and their productive force within an institution? Can an exhibition such as this one reflect the survival issues of self-managed spaces in Marseille without succumbing to a romantic view on struggle and the aestheticizing of resourcefulness?

 

Flora Fettah

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