Murmurations

 

Le phénomène des Murmurations désigne les regroupements d’oiseaux en vol, dont les mouvements aléatoires, immédiats à l’échelle de l’individu, se propagent à l’échelle du groupe. 

En deux volets, Murmurations rassemble ces nouvelles énergies qui cristallisent et redéfinissent le paysage artistique actuel de la ville de Marseille, en proposant à des structures indépendantes créées et dirigées par des artistes, commissaires et historien·nes de l’art de s’approprier le décor institutionnel de la Friche la Belle de Mai.

The Murmurations phenomenon refers to gatherings of birds in flight, whose random movements, instinctive on an individual level, spread on a group scale.

In two sessions, Murmurations brings together these new energies that crystallize and redefine the current artistic landscape of the city of Marseille, by proposing to independent structures created and directed by artists, curators and art historians to appropriate the institutional setting of la Friche la Belle de Mai.

Volet #1
Carte blanche aux project spaces de Marseille

Friche la Belle de Mai, 3ème étage
24.06-14.08.22
Vernissage jeudi 23 juin de 17h à 23h

Agent Troublant, Belsunce Projects, Le Berceau, Cabane Georgina, Giselle’s Books, Gufo, Loë Zang, MUFF – Marseille Underground Film Festival, SISSI club, SOMA,  Southway Studio, TANK art space, Thomas Mailaender x Tuba, Voiture 14

présentent

Thibaut Ceasar, Basile Ghosn, Won Jin Choi, Simon Bergala, Marieta Chirulescu, Camille Santacreu, Noémie Pfeiffer, Mathias Depardon, Opale Mirman, Lisa Mouchet, Lou Jelenski, Romain Kloeckner, Matthias Steinkraus, Manuel Wetscher, Navild Acosta, Fannie Sosa, Inès Di Folco, Estel Fonseca, Hugo Mir-Valette, Ann Mysochka, Ben Saint-Maxent, Léa Puissant, Bella Hunt & DDC, Andrew Humke, Pierre Unal-Brunet, Julien Berthier, Emma Bruschi, Zoé Mohm, Romain Vicari, Arbol Ruiz, Chloé Arrouy, Eduard Barniol, Eefje Stenfert, Michele Bry, Etienne Diop / Tareet, Anton Halla, Cœur Fleur, Anastasia Simonin, & Kazuo Marsden, Clara Rojas, Tobi Keck, Moritz Haas, Editions Hotte, Tristan Bründler, Paul Descamps, Anthony Fornasari et Kilian Votion

→ plus d’infos sur les project spaces

→ dossier de presse

→ accès

 Du 23 juin au 14 août, Fræme convie quatorze entités, désignées par le terme générique de project spaces, à investir le plateau qui accueillera, à la fin de l’été, une partie de la foire Art-o-rama. Souhaitant fédérer publics et acteur·rices de l’art contemporain marseillais, l’équipe de l’association a invité celles et ceux qui, selon elleux, façonnent la scène émergente locale. Commissaires d’expositions, espaces de résidences, espaces sans lieu ou avec, galeries, festivals, structures de production, bibliothèques spécialisées : leurs identités sont multiples et leurs modes opératoires tout aussi variés. Iels travaillent seul.e, en duo, en équipe, en collectif, avec d’autres ou entre elleux. Si, depuis la seconde partie des années 1990, la richesse de la vie culturelle a principalement reposé sur un maillage associatif micro-local et ultra dense, quoique largement endommagé en 2013 par l’année Capitale, la fin de la décennie semble être le théâtre d’une effervescence nouvelle. Face à des pouvoirs publics longtemps dédaigneux des arts visuels et à des institutions rarement à même de s’ouvrir à la diversité des propositions artistiques présentes sur le territoire, de nombreux espaces autogérés ont fleuri. Bénéficiant de peu de soutien financier de la part des pouvoirs publics, ce sont eux qui, pourtant, donnent à voir des formes artistiques singulières et, finalement, contribuent largement à renvoyer une image vibrante et attractive de Marseille. Émaillant les quartiers centraux de leur présence, plus ou moins visibles des habitant·es,  ils sont paradoxalement souvent peu connus de celles et ceux que l’on tente de regrouper sous le nom de “grand public”. Aujourd’hui, leur présence, à la Friche la Belle de Mai, semble attester de leur importance au sein de la vie culturelle marseillaise et de son renouvellement. Invités à s’y produire, comment peuvent-ils s’approprier ce type d’espace pour donner à voir et à comprendre qui ils sont ? Doivent-ils adopter les codes des institutions de l’art contemporain – un stand, des œuvres sur ou entre 1, 2, 3 murs ? Ou les hacker pour proposer des dispositifs ouvrant des fenêtres sur des existences extérieures ? En déambulant entre les différents espaces qui leur sont alloués, lae visiteur.se découvrira la variété des réponses apportées : parfois une exposition, d’artistes marseillais·es ou pas, reprenant les modes de présentation des foires d’art contemporain, mais aussi un fond documentaire sur la gentrification, un dispositif de surveillance filmant des artistes en résidence, un index renvoyant à une bibliothèque du centre-ville, des projections de films, une boutique d’objets d’artistes ou des installations à activer lors d’événements. Cette constellation forme un ensemble fragmenté, aux propositions aussi contradictoires que complémentaires, à l’image de l’écosystème artistique marseillais. Le format de l’exposition, parfois fédérateur, parfois homogénéisateur et normatif, amène de nombreuses questions – auxquelles nous pouvons toustes nous amuser à répondre et que je vous livre en guise de conclusion : Comment se fait la transition d’un lieu d’exposition, de vie et de travail, à un espace partagé qui ne leur appartient pas ? Qu’implique, pour certaines de ces entités, de délocaliser leur travail et leur force productive au sein d’une institution ? Une exposition comme celle-ci peut-elle refléter les enjeux de survie des espaces autogérés marseillais sans succomber à la romantisation de la galère et à l’esthétisation de la débrouille ? 

Flora Fettah

Session #1
Carte blanche to the project spaces of Marseille

Friche la Belle de Mai, 3ème étage
24.06-14.08.22

Opening Thursday June 23 from 5pm to 11pm

With Agent Troublant, Belsunce Projects, Le Berceau, Cabane Georgina, Giselle’s Books, Gufo, Loë Zang, MUFF – Marseille Underground Film Festival, SISSI club, SOMA,  Southway Studio, TANK art space, Thomas Mailaender x Tuba, Voiture 14

présentent 

Thibaut Ceasar, Basile Ghosn, Won Jin Choi, Simon Bergala, Marieta Chirulescu, Camille Santacreu, Noémie Pfeiffer, Mathias Depardon, Opale Mirman, Lisa Mouchet, Lou Jelenski, Romain Kloeckner, Matthias Steinkraus, Manuel Wetscher, Navild Acosta, Fannie Sosa, Inès Di Folco, Estel Fonseca, Hugo Mir-Valette, Ann Mysochka, Ben Saint-Maxent, Léa Puissant, Bella Hunt & DDC, Andrew Humke, Pierre Unal-Brunet, Julien Berthier, Emma Bruschi, Zoé Mohm, Romain Vicari, Arbol Ruiz, Chloé Arrouy, Eduard Barniol, Eefje Stenfert, Michele Bry, Etienne Diop / Tareet, Anton Halla, Cœur Fleur, Anastasia Simonin, & Kazuo Marsden, Clara Rojas, Tobi Keck, Moritz Haas, Editions Hotte, Tristan Bründler, Paul Descamps, Anthony Fornasari and Kilian Votion.

→ more infos about the project spaces

→ dossier de presse

→ getting there

 From June 23 to August 14, Fræme invites fourteen entities, referred to as project spaces, to take over the space that will host, at the end of the Summer, a part of Art-o-rama fair. Willing to federate the publics and actors of Marseille contemporary art scene, the organisation’s team invited those who, to them, are shaping the emerging local scene. Curators, residencies, spaces with or without a venue, galleries, festivals, production structures, specialized libraries : they carry multiple identities and their modus operandi are just as diverse. They work alone, in duo, in teams, as collectives, with others or between themselves. 

If, since the second part of the years 1990, the wealth of the cultural life mostly relied on a micro-local and ultra-thick association grid, however largely harmed in 2013 by the year Capitale, the end of the decade seems to be the arena of a new effervescence. Facing the distance kept by public authorities towards visual arts, and institutions rarely willing to open to the diversity of artistic propositions existing on the territory, many self-administrated spaces blossomed. Benefiting from few financial support from public authorities, they however are showing singular artistic forms and, are actually largely contributing to reflect a vibrant and attractive image of Marseille. Spangling the central neighborhoods with their presence, more or less visible to the inhabitants, they are often paradoxically little known by those who one could try to gather under the generic name of “general public”. Thus, their presence, today, at la Friche la Belle de Mai, seems to bear witness of their importance within Marseille cultural life and its renewal. 

Invited to perform there, how can they assimilate this type of space to show and make sense of who they are? Should they adopt the codes of contemporary art institutions – a stand, artworks on or between 1, 2, 3 walls? Or hacking them to propose devices that open windows on external existences? Walking through the different spaces allocated to them, the visitor will discover the various responses provided: sometimes an exhibition, by Marseilles artists or not, using the presentation modes of contemporary art fairs, but also documentary resources on gentrification, a surveillance device filming artists in residence, an index referring to a library in the city centre, screenings, a shop selling artists’ objects or installations to be activated during events. This constellation forms a fragmented whole, with proposals that are as contradictory as they are complementary, in the reflection of the artistic ecosystem of Marseille.

The exhibition format, sometimes unifying, sometimes homogenising and normative, leads to many questions – that we can all have fun answering and that I will leave you with as a conclusion: How is the transition made from an exhibition space, a living and working space, to a shared space that does not belong to them? What does it mean for some of these entities to relocate their work and their productive force within an institution? Can an exhibition such as this one reflect the survival issues of self-managed spaces in Marseille without succumbing to a romantic view on struggle and the aestheticizing of resourcefulness?

Flora Fettah

Volet #2 
Carte blanche aux ateliers partagés de Marseille

04.09-16.10.22
Vernissage samedi 3 septembre à 18h

Avec 16b éditions, A Plomb’, Atelier Vé, Chic d’Amour, Crocs, la FAM (Fédération Artistique de Marseille), Fuite, Hyph, Mastic, Panthera, Plage Avant, Yassemeqk

Session #2
Carte blanche to the shared studios of Marseille

04.09-16.10.22
Opening Saturday September 3 at 6pm

With 16b éditions, A Plomb’, Atelier Vé, Chic d’Amour, Crocs, la FAM (Fédération Artistique de Marseille), Fuite, Hyph, Mastic, Panthera, Plage Avant, Yassemeqk

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