Emeka Ogboh

Stirring the Pot

Exposition du 4 juin au 24 octobre 2021
Friche la Belle de Mai
4ème étage, Panorama et Toit-terrasse
Scénographie : Clémence Farrell

→ Infos pratiques

Artiste de renommée internationale, Emeka Ogboh s’intéresse aux questions de migrations et aux liens que tissent les femmes et les hommes avec leurs lieux de vie, de mémoire ou de passage. Pour sa première exposition personnelle dans une institution française, l’artiste investit le 4e étage de la Tour et le Panorama, mais aussi le toit-terrasse où il y développera un projet artistique tout au long de l’été : dîners conviant différent·e·s chef·fe·s africain·e·s, conception d’une bière, Dj Sets et sessions radiophoniques, publication d’un recueil de recettes… de multiples propositions dans le cadre de la Saison Africa2020.

An all-rounder and internationally renowned artist, Emeka Ogboh is interested in migration issues and the links that men and women weave with their places of life, memory or passage. For his first personal exhibition in France / in Marseille, the artist will invest in the Panorama and the Rooftop of the Friche la Belle de Mai with a film, a multi-sensory installation and will develop an artistic event project throughout the summer: dinners inviting different African chefs, crafting beer for the On air events, DJ Sets and radio sessions, publication of a collection of recipes … multiple proposals orchestrated by Emeka Ogboh as part of the Africa Season 2020. 

Emeka Ogboh travaille différents médiums, tels que le son et la vidéo tout comme les denrées alimentaires qui indistinctement deviennent des instruments de lecture et de compréhension des villes en tant qu’espaces cosmopolites, migratoires et globalisés. Il procède par prélèvements et agencements, brouillant volontiers les frontières entre les disciplines artistiques au même titre que les barrières mentales et géographiques, pour mieux faire apparaitre les hyperliens sensoriels entre les différents territoires traversés et convoqués, sans cesse bousculés par la puissance du présent et l’interprétation de l’histoire. Les lieux, les personnages et les panoramas surgissent comme des apparitions furtives de mémoires lointaines faisant coexister le temps suspendu de l’œuvre à la frénésie contemporaine. Pour Marseille, Emeka Ogboh tisse des liens sensibles entre la métropole du sud et différents ports de l’Afrique de l’Ouest par le biais d’une relecture de relations anciennes sous le prisme de l’ici et maintenant. Au sein du Panorama, architecture phare de la Friche, l’artiste propose une oeuvre inédite, un environnement composite, où images en mouvement, récit olfactif et installation sonore se répondent, offrant une expérience multisensorielle d’un voyage retour. Les espaces d’exposition de la Tour accueillent une variation d’une installation existante, intitulée Ámà: The Gathering Place, réalisée en 2019. L’artiste propose d’investir l’espace muséal pour en faire un lieu de vie, de rencontre, de détente. Il questionne ainsi le rôle social de l’espace d’exposition pour y créer les conditions favorables de l’échange, du dialogue et de la réflexion. L’installation s’inspire de l’ethnie Igbo au Nigeria, d’où les textiles traditionnels proviennent et d’un environnement sonore composé de leurs musiques sacrées. Le Toit-terrasse de la Friche est envisagé par Emeka Ogboh comme une plateforme des possibles, investi dans la continuité de l’exposition autour d’une extension de formes artistiques et de temps culturels : invitations à des chef·fe·s venu·e·s venus du Nigéria, du Bénin ou du Cameroun, installation, programmation musicale, etc. Ces différents temps et invitations au public sont pensés spécifiquement pour le lieu et composent une proposition globale où prime l’hospitalité.
Emeka Ogboh works with various mediums, such as sound and video as well as food products which indistinctively become the reading and understanding instruments of the cities as cosmopolitan, migratory and globalized spaces. He proceeds by sampling and arranging, blurring the boundaries between artistic disciplines on the same level as mental and geographic barriers, in order to better reflect the sensorial hyperlinks between the various territories crossed and summoned, constantly disrupted by the power of the present and the interpretation of history. Places, characters and panoramas suddenly emerge as brief apparitions from distant memories leading to the coexistence of the suspended time of the artwork with the contemporary bustle. In Marseille, Emeka Ogboh is developing sensitive ties between the southern metropolis and the different harbors in West Africa by proofreading ancient relationships from the perspective of here and now. Within the Panorama, signature architecture in la Friche, the artist presents an unprecedented work, a composite environment, where moving images, olfactory narratives and a sound installation respond to each other, offering a multi-sensitive experience of a return journey. The exhibition spaces of la Tour welcome a variation of an existing installation, named Ámà: The Gathering Place, made in 2019. The artist proposes to invest the space of the museum to turn it into a living space, dedicated to encounters and relaxing. Therefore, he questions the social role of the exhibition space to create favorable conditions to share, discuss and reflect. The installation is inspired by the Igbo ethnic group in Nigera, where traditional fabrics originate, and a sound environment composed from their sacred music. The rooftop of la Friche is taken over by Emeka Ogboh as a platform for possibilities, invested in the continuity of the exhibition by extended artistic forms and cultural moments: invitation for Nigerian chefs from Nigeria, Benin and Cameroon, installation, music program, etc. Those various moments and invitations to the public are specifically thought out for the venue and compose a global proposition where hospitality is championed. A book of recipes from those various encounters is published and constitutes the memory of the project.

Emeka Ogboh a participé à de nombreuses expositions internationales, dont la Biennale de Dakar en 2014, la 56ème Biennale de Venise en 2015, documenta 14 à Athènes et Cassel en 2017, Skulptur Projekte Münster en 2017, à la Tate Modern à Londres en 2018, à la Fiac à Paris en 2019. L’artiste est également le co-fondateur du réseau d’art vidéo Video Art Network Lagos. En 2016, il a reçu le prix Böttcherstraße à Brême. En 2018, il est parmi les finalistes du prestigieux prix Hugo Boss pour l’art contemporain et en 2019 il reçoit avec Otobong Nkanga le prix de la Biennale de Sharjah.

WebsiteCVPress

Emeka Ogboh has participated in numerous international exhibitions, including the Biennale of Dakar, 2014, the 56th Biennale of Venice, 2015, documenta 14 in Athens and Kassel, 2017, Skulptur Projekte Münster, 2017, at the Tate Modern in London, 2018, and Fiac in Paris, 2019. He also co-founded Video Art Network Lagos. In 2016 he was awarded Bremen’s Böttcherstraße prize, in 2018 he was a finalist in the prestigious Hugo Boss prize for contemporary art, and in 2019, jointly with Otobong Nkanga, he wins the Sharjah Biennial Prize.

Website CV Press

Migratory Notes, 2021

Installation multi-sensorielle et immersive, Migratory Notes est une nouvelle production spécifiquement conçue pour Stirring the Pot. L’oeuvre prend ses origines dans la géographie aux visages multiples de Marseille, métropole portuaire du sud, cosmopolite, dont l’existant témoigne autant de son histoire que du présent. Migratory Notes s’étend sous nos yeux, emplit notre paysage sonore, sollicite notre mémoire olfactive, créant ainsi d’incessants allers-retours entre ce qui est visiblement montré et ce qui est signifié en creux. Dans un mouvement équivalent, l’artiste bouscule la hiérarchie des sens et des sujets. Les objets, les gestes, les personnages, les produits, les lieux, les évènements, les pays, les quotidiens constituent simultanément les éléments d’un tout où les sens sont sollicités et deviennent les vecteurs d’une compréhension du monde globalisé et de ses identités hybrides. L’installation nourrit le sentiment diffus d’être à la fois ici et d’appartenir à ce lointain, d’être en même temps perdu et de s’être trouvé, comblant les failles de la légitimité à être. L’artiste déplace les thèmes récurrents de la migration, des identités et des rituels à travers un voyage retour. Migratory Notes réunit différentes temporalités, espaces et contextes, dans une double dynamique, le souvenir des origines et la projection vers un futur où se déploieraient des identités réconciliées.

The multisensorial, immersive installation Migratory Notes is a new production that was designed specifically for Stirring the Pot. It derives from the multifaceted geography of Marseille, a Southern metropolitan port with a cosmopolitan character that reflects both its history and its present. The installation stands before our eyes, fills our auditory space and stimulates our olfactory memory, thus creating constant oscillations between that which is explicitly shown and that which is implicitly signified. And in an equivalent movement, the artist overturns the hierarchy of senses and subjects. Objects, gestures, personae, products, places, events, countries and daily lives simultaneously constitute the elements of a whole in which the senses are appealed to, vectorising a comprehension of the globalised world and its hybridised identities. The installation creates a diffuse feeling of being present right here while also belonging to something distant, both lost and at the same time finding itself, filling in gaps in the legitimacy of being. Recurring themes of migration, identity and ritual are displaced, in a return journey. Migratory Notes brings together different temporalities, spaces and contexts in a double dynamic, with a memory of origins and a projection towards a future in which reconciled identities are expressed.

Ámà 2.0, 2021

L’installation sonore Ámà 2.0 est une variation d’une commande du Cleveland Museum of Art à Emeka Ogboh en 2019. Intitulé Ámà: The Gathering Place, le projet occupait la totalité d’un immense atrium à la fois lieu d’accueil, de rencontre et de célébration. Il se composait d’une sculpture monumentale représentant l’arbre autour duquel s’organisent les villages d’Afrique subsaharienne signalant, à distance, leur cœur. Complétée par un ensemble d’assises réalisées en tissus Akwété et d’une vaste installation sonore, cette oeuvre chorale de chants traditionnels Igbo est ici diffusée par douze enceintes autonomes. L’ensemble, enveloppant, laisse également la possibilité au visiteur de créer, par les mouvements de son corps, son propre cheminement auditif. L’œuvre met en lumière la puissance de la musique dans la communauté dont Emeka Ogboh est originaire. L’usage du son dans le travail de l’artiste, induit souvent ce transport vers un espace inconnu, mémoriel ou encore lointain, dont nous sommes physiquement absents. Internationalement reconnu pour ses paysages sonores de Lagos, Emeka Ogboh initie en 2015, avec l’œuvre intitulée Song of the Germans, présentée lors de la Biennale de Venise la même année, un mouvement vers l’introduction des langages vernaculaires dans son travail. À Venise, dix enceintes diffusaient l’hymne national allemand entonné en dix langues de migrants présents sur le territoire germanique : le Bamun, le Kikongo, le Yoruba, le Sango, le More, le Twi, l’Ewondo, le Lingala, le Douala et l’Igbo. Elles produisaient un assemblage du chant national totalement inédit, jouant avec nuance des va-et-vient entre les langues des populations issues des migrations et la puissance de l’hymne comme un premier trajet vers ce qui fait de part et d’autre culture commune : le langage et l’emblème sonore d’une nation. Avec Ámà 2.0, Emeka Ogboh transpose ici, en partie, l’installation de Cleveland afin de révéler le coeur de la communauté Igbo. Il modifie le rôle social de l’espace d’exposition pour y créer ce lieu de rassemblement où les conditions favorables à l’échange, à la compréhension et à la réflexion sont proposées comme autant de cheminements personnels vers l’Autre.

The acoustic installation Ámà 2.0 is a variation on a commission awarded to Emeka Ogboh by the Cleveland Museum of Art in 2019. The initial work, entitled Ámà: The Gathering Place, filled the museum’s large atrium, which, besides being a reception area, is a focus for encounters and celebration. The installation included a monumental sculpture of a tree, around which village squares are commonly organized across Sub-Saharan Africa, signalling their heart from a distance. Complimented by seats covered in Akwete textiles and a pervasive choral sound track, the installation is broadcast through twelve speakers. The immersive set up allows visitors to create their own individual auditory experiences depending on how they move around the space. The work illustrates the importance of music for the Igbo community into which Emeka Ogboh was born. The use of sound in Ogboh’s works often leads visitors to an unknown, commemorative or distant space in which they are not physically present. Internationally recognised for his auditory portrayals of Lagos, Emeka Ogboh’s Song of the Germans, presented at the 2015 Venice Biennale, indicated a movement towards working with vernacular languages. In Venice, the German national anthem was played through ten speakers in ten languages – Bamun, Kikongo, Yoruba, Sango, More, Twi, Ewondo, Lingala, Douala and Igbo – spoken by the African diaspora in Germany. It produced a wholly new national song, subtly playing with the languages of the different migrant groups and the power of the national anthem as the first step towards a syncretisation of a common culture: the language and acoustic emblem of a nation. With Ámà 2.0, Emeka Ogboh transposes here a part of the Cleveland installation to reveal the core of the Igbo community. He alters the social role of the exhibition space to create this rallying point for the discussion, comprehension and reflection that constitute as many personal approaches to the Other.

crédit Photos : Jean-Christophe Lett

Clémence Farrell

SCENOGRAPHIE / DIRECTION ARTISTIQUE Diplômée de l’École National Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, section scénographie en 1996. Pour chaque exposition Clémence Farrell développe un univers et opère un point de vue particulier sur le contenu à développer. Le sens des objets et des espaces, leur expression et les sensations qu’ils procurent aux visiteurs sont au cœur des enjeux de ses créations scénographiques. Sa double casquette de scénographe et de designer de dispositifs interactif, autant que son expérience dans les métiers du cinéma, lui fait envisager le travail de manière globale, à la manière d’un directeur artistique, et à travers ses dessins et croquis qui lui permettent de communiquer avec tous les intervenants et à chaque phase du projet. → www.clemencefarrell.com

Clémence Farrell

SCENOGRAPHY / ART DIRECTION In 1996, Clemence Farrell graduated in Scenography from the National Superior School of Decorative Arts in Paris. From 1995 to 2008, she worked alongside artistic directors as a set designer and render artist for international commercials designed by respected creative director Jan Houllevigue. With invaluable experience gained in the film industry she uses her experience as a designer and designer of interactive devices to find creative solutions for clients. In addition to drawings and sketches Clemence Farrell places a strong emphasis on good communications with all involved, through every project phase. For each exhibition Clemence Farrell builds a fresh perspective on the content and the space. The meaning of objects and spaces, their expression and the sensations they provide to visitors are key to her approach when devising her scenic creations. → www.clemencefarrell.com

Véritable invitation à (re)découvrir la créativité et l’innovation du continent africain, la Saison Africa2020 s’articule autour d’une centaine d’événements et de projets culturels, scientifiques, économiques et sportifs organisés du 1er juin au 31 décembre 2020 sur l’ensemble du territoire français. Cette saison panafricaine, mise en œuvre par l’Institut français, repose sur une programmation pluridisciplinaire co-construite par des professionnels africains en partenariat avec des institutions françaises. Conçue autour des grands défis du 21e siècle, cette Saison met en avant la capacité d’innovation et de création des 54 États du continent africain sur les trois grands secteurs d’activité suivants : culture et idées, recherche et économie, art de vivre. Ainsi, cette Saison Africa2020 est une « invitation à regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain », comme le souligne N’Goné Fall, Commissaire Générale de la Saison. Pour en savoir plus sur la Saison Africa2020 et sa programmation : www.saisonafrica2020.com

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