Abdessamad El Montassir

20 mai – 27 septembre 2026

Friche la Belle de Mai, 3ème étage
Commissariat Gabrielle Camuset et Karima Célestin

 

May 20 – September 27, 2026

Friche la Belle de Mai, 3rd floor 
Curation Gabrielle Camuset et Karima Célestin

 

Abdessamad El Montassir est un artiste-chercheur originaire de Boujdour, dans le Sahara au sud du Maroc, dont la pratique questionne la construction traditionnelle des récits. Avec l’exposition Sarab Dakira,  il nous propose une plongée dans son territoire peu connu, pour en partager les singularités et les savoirs qui entremêlent une relation de créolisation avec les non-humains, et un rapport unique aux poésies orales pensées comme des archives vivantes et mouvantes.

Dans ce désert, les poésies transmettent les histoires actuelles et passées, et incluent dans leurs récits les perspectives des non-humains. Elles sont de véritables représentations historiographiques, naturelles et géographiques en perpétuelle réinvention. Ces poésies sont relayées oralement par les populations locales, il n’en subsiste alors aucune trace écrite et leurs existences restent méconnues. De ce fait, à l’instar des espaces marins, le Sahara apparaît comme un espace vide aux yeux des autres.

Aussi, les communautés de ce territoire perçoivent le désert comme un ensemble archipélique qu’ils arpentent comme on vogue sur la mer. Les lieux connus y sont mouvants, pouvant se déplacer suivant les vents, la sécheresse ou la pluie. Les non-humains sont les habitants principaux de ces espaces, dans lesquels les hommes s’invitent ponctuellement.

L’exposition Sarab Dakira nous invite à naviguer dans ce désert. Un cheminement qui, au-delà d’un simple mouvement, devient un moyen d’écouter, de s’accorder, de converser avec le terrain, avec tout ce qui est. Un engagement envers la terre comme un égal, reconnaissant les montagnes, le sable, les plantes, les étoiles, l’eau et le vent – non pas comme des objets mais comme des présences souveraines au sein d’une totalité entrelacée. Des interlocuteurs de la mémoire et du témoignage qui portent des récits. Un échange approfondi au sein duquel le désert se façonne par des surfaces mouvantes, des registres sonores et des temporalités au-delà de l’humain.

L’exposition nous invite à observer minutieusement des histoires et espaces imperceptibles. Elle nous dévoile des récits où le manque, l’oubli et la fiction participent à la formation du réel. Alors que les déserts sont souvent les espaces inconsidérés voir oubliés des pays méditerranéens, l’artiste propose ici de revenir sur leurs spécificités pour leur donner une place dans un environnement interconnecté.

Les pièces qui composent cette exposition sont autant de propositions à partager des archives vivantes porteuses pour nos futurs. Elles nous invitent à sonder ce que le rapport des habitants du désert aux non-humains et à l’oralité peut nous transmettre de nos rapports à l’historisation ? Et à une autre échelle, qu’est-ce que leurs savoirs sur leur désert peut nous apprendre de nos approches sur la mer ?

Abdessamad El Montassir is an artist-researcher from Boujdour, in the Sahara in southern Morocco, whose practice questions the traditional construction of narratives. With Sarab Dakira, he invites us to delve into his little-known territory, sharing its singularities and bodies of knowledge that intertwine a creolized relationship with non-humans and a unique connection to oral poetry conceived as living, shifting archives.

In this desert, poetry transmits both present and past histories, incorporating non-human perspectives into its narratives. These poems are true historiographic, natural, and geographical representations in constant reinvention. Passed down orally by local communities, they leave no written trace, and their existence remains largely unknown. As a result, much like marine spaces, the Sahara appears as an empty space in the eyes of others.

The communities of this territory perceive the desert as an archipelagic ensemble, which they traverse as one would navigate the sea. Known places are fluid and can shift according to winds, drought, or rain. Non-humans are the primary inhabitants of these spaces, into which humans enter only intermittently.

The exhibition Sarab Dakira invites us to navigate this desert. This journey, beyond mere movement, becomes a way of listening, attuning, and conversing with the land, with everything that exists. It is a commitment to the land as an equal—recognizing mountains, sand, plants, stars, water, and wind not as objects, but as sovereign presences within an interconnected whole. They are interlocutors of memory and testimony, bearing narratives. Through this in-depth exchange, the desert takes shape through shifting surfaces, sound registers, and temporalities that extend beyond the human.

The exhibition invites us to closely observe imperceptible histories and spaces. It reveals narratives in which absence, forgetting, and fiction participate in shaping reality. While deserts are often disregarded or even forgotten spaces within Mediterranean countries, the artist proposes a return to their specificities in order to grant them a place within an interconnected environment.

The works that compose this exhibition are so many propositions for sharing living archives that carry meaning for our futures. They invite us to explore what the desert dwellers’ relationships with non-humans and orality can teach us about our own approaches to historicization. And on another scale, what can their knowledge of the desert teach us about our ways of relating to the sea?

Abdessamad El Montassir, Trab’ssahl, 2023. Trilogie de films full HD, son stéréo, 13min 30sec chaque. © Abdessamad El Montassir / ADAGP, Paris

Abdessamad El Montassir, Galb’Echaouf, 2021. Film full HD, son stéréo, 18min 43sec. © Abdessamad El Montassir / ADAGP, Paris

Abdessamad El Montassir, Galb’Echaouf, 2021. Film full HD, son stéréo, 18min 43sec. © Abdessamad El Montassir / ADAGP, Paris

Né en 1989 Abdessamad El Montassir travaille entre la France et le Maroc. Il est diplômé de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan et de l’École Normale Supérieure de Meknès. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, son travail a fait l’objet d’expositions personnelles, dont Trab’ssahl à Bétonsalon à Paris, Mémoires des cendres à La Maison Salvan à Labège, Nourssahal à Pushtoenter à Seoul et Une pierre sous la langue actuellement au FRAC Franche-Comté à Besançon. Ses recherches sont axées sur une trilogie : le droit à l’oubli, les récits fictionnels et viscéraux, et le trauma d’anticipation. L’approche d’El Montassir est interdisciplinaire et prend forme dans des collaborations avec des scientifiques, des poètes et des citoyens-témoins. Son travail se déploie dans des installations visuelles et sonores.

Born in 1989, Abdessamad El Montassir works between France and Morocco. He graduated from the National Institute of Fine Arts in Tétouan and the École Normale Supérieure of Meknès. A former resident at the Villa Medici in Rome, his work has been the subject of several solo exhibitions, including Trab’ssahl at Bétonsalon (Paris), Mémoires des cendres at La Maison Salvan (Labège), Nourssahal at Pushtoenter (Seoul), and Une pierre sous la langue, currently on view at FRAC Franche-Comté in Besançon. His research focuses on a trilogy: the right to be forgotten, fictional and visceral narratives, and anticipatory trauma. El Montassir’s interdisciplinary approach takes shape through collaborations with scientists, poets, and citizen-witnesses, and unfolds through visual and sound installations.

Vue de l’exposition Une pierre sous la langue, exposition personnelle d’Abdessamad El Montassir, 2025-2026, FRAC Franche-Comté, Besançon. @Fræme

Vue de l’installation Trab’ssahl d’Abdessamad El Montassir, exposition collective La Linea Insubrica, 2024, Kunst Meran, Merano. @Ivo Corrà

Exposition dans le cadre de la Saison Méditerranée, produite par Fræme et accompagnée par la Friche la Belle de Mai, en partenariat avec le centre d’art Kulte (Rabat) et le Cirva (Marseille)

Exhibition presented as part of the Mediterranean Season, produced by Fræme and supported by la Friche la Belle de Mai, in partnership with Kulte Art Center (Rabat) and Cirva (Marseille)

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